10.17
Au sujet du cours on-line d’autonomie de pratique du bouddhisme zen Zen Pour Vous
Nous pouvons peut-être nous interroger sur la filiation que nous honorons lorsque notre maître ou enseignant est d’un âge ou d’une santé plus fragile que la notre, lorsqu’il n’est pas dominant dans le langage du pouvoir ou de la puissance, mais bien plus faible.
En réalité, si nous continuons de considérer les termes bouddhistes (en l’occurrence un ouvrage du maître Zen vietnamien Thich Nhat Hanh – Transformation et Guérison), la puissance est celle de la croissance en temps de croissance, de la décroissance en temps de décroissance.
Dans des temps très anciens, les sages bouddhistes allaient se recueillir de longues périodes au milieu des charniers, cimetières où les corps étaient seulement déposés pour accomplir leur destin (putréfaction).
De ces types d’expériences, le bouddhisme a fait des textes didactiques de pratique en lesquels il est préconisé de voir (concevoir) se défaire son propre corps, de le voir se décomposer.
Au lieu d’opposer le bien au mal, de façon violente ou douloureuse, cette technique a pour objet de catalyser la souffrance, de la dissoudre en lui ouvrant le chemin par la présence d’esprit.
La reconnaître et l’accompagner vers la vacuité. Soulager, non pas une raison biaise de souffrance, mais le phénomène de la souffrance lui-même.
Ainsi un maître de force physique (ou sociale) moindre, d’un grand âge ou d’un grand isolement, servirait de ligne de fuite au coeur de soi, pour consacrer sagesse (et peut-être puissance) comme un procédé de décroissance.
Nous incitant à défaire nos lieux opposés et retenus de force, la catalyse d’une faiblesse est un véhicule selon lequel nous apprenons à solidariser de nouveau les motifs de puissance de façon coordonnée, attentionnée, efficiente.
Mais ceci, même si l’on est dans le cas de la confrontation d’un tel enseignement, reste abstrait car nous avons encore des environnements concrets à notre existence individuelle.
C’est donc en fédérant nos relations de soins (entourages, dépendances), celles qui nous touchent et celles que l’on cherche encore, que l’on intègre la présence d’un maître dont l’esprit, fort d’une puissance, est avant tout celui d’une faiblesse.