10.10
D’après le cours du Centre de Formation Virtuelle AULA ZOE (Pays Valencien – Espagne).
Nous avions rendez-vous vendredi dernier, sept octobre 2011, avec un camarade qui a bien voulu nous servir de modèle ou cobaye pour l’appréhension du toucher tel qu’on le préconise dans la technique cranio-sacrée de l’ostéopathie de Sutherland.
Gardant bien sûr l’anonymat strict de ce camarade, nous voudrions évoquer quelques éléments de cet exercice. Le toucher cranio-sacré cherche la pulsation du liquide céphalo-rachidien dans le cerveau (l’espace du crane – ventricules cérébraux et méninges) et la colonne vertébrale (moelle épinière) jusqu’au sacrum ( le lieu de surgissement de la queue chez les animaux).
Sur ce même trajet où le liquide céphalo-rachidien sert d’amorti, de nutrition, d’hygiène – où en conséquence il communique une pression hydraulique lourde et lente au corps, se situe d’autant le système nerveux central (cerveau et moelle épinière) vers lequel convergent et duquel émanent toutes les communications nerveuses.
Nous avons donc procédé à l’écoute (sollicitation du toucher) du Rythme Primaire Cranien du liquide céphalo-rachidien (LCR), nos mains soutenant légèrement la tête et son cuir chevelu. Cet exercice, qui demande une tolérance du praticien mais aussi du client au praticien, a pris environ un tiers du temps de pratique.
Par la suite, nous avons entrepris, selon nos pratiques gymniques et méditatives sino-japonaises, de recomposer l’espace du tronc, exerçant une pression sur le dessus du corps une main tenue en dessous, à hauteur de la jonction vertébrale-lombaire (estomac), à hauteur de la jonction vertébrale-cervicale (haut du torse), à hauteur de sacrum (os pubis). Notre modèle y manifestait une santé remarquable et la pulsation du LCR y était vive et calme. Nous avons terminé cet exercice par une nouvelle appréhension du rythme cranien, une relaxation prudente (semblant profonde) au niveau de la fosse du cervelet, à la jonction entre tête et cou.
Enfin, dernier tiers de pratique, notre client ayant une raison médicale dans la partie inférieure du corps, nous sommes allés solliciter la pulsation (hydro-pression) correspondante au LCR sur la plante des pieds – creux du pied. Nous avons été fortement surpris de voir que les pieds de cet homme jeune qui travaille depuis vingt ans debout, certes encore fort solides, étaient très durs et osseux, comme mortifiés, avec peu de présence vitale, d’autant que la partie supérieure du corps semble d’une très bonne santé.
Nous avons rétabli la pulsation de fluide cérébro-spinal dans le creux des pieds, chose qui a été constatée par notre modèle (client-cobaye) et qui lui aurait fait du bien.
L’ensemble de cet enchaînement de pratique avait été prémédité, la situation de praticien, nouvelle pour nous, ne nous laissant que peu de recul. Nous avons donc entrepris de créer une ondulation de la plante des pieds le long des jambes jusqu’à si possible l’abdomen, par pressions souples à répétition sur le creux des deux pieds.
Notre modèle nous a signifié qu’il avait senti la fréquence de l’onde seulement jusqu’aux genoux, et non pas la ceinture, moins encore l’abdomen. Nous avons terminé par une pression sur le diaphragme du thorax à contretemps de la respiration pour la libérer en libérant notre geste.
L’ensemble de la manipulation, exercice du toucher et de la sollicitation, s’est plutôt bien passé, sans d’ailleurs aspect exceptionnel ; tout ceci est resté bien ordinaire pour ne pas dire sans grand effet.
Rencontré quelques jours plus tard, notre modèle nous a dit qu’il avait eu un peu mal au dos, chose qui n’arrive jamais chez lui, et précisément vers la cinquième lombaire coté droit selon son geste (douleur pour laquelle le praticien – nous-même – se fait soigner depuis des mois suite à la pratique de la boxe chinoise – ce qui n’aurait rien à voir).
Il se peut que l’onde saccadée que nous avons essayée de faire remonter avec douceur à partir des pieds le long des jambes se soit bloquée au niveau des genoux (incident de santé récent et grave pour notre modèle) et que la fréquence soutenue cinq-dix minutes de ce flux qui buttait ait affecté un peu le bassin. Cette douleur au dos a disparu aussi abruptement qu’elle était venue selon notre cobaye.
Ce long article pour montrer toute l’histoire qu’il y a dans un corps lorsqu’on le regarde selon l’angle du problème. Un corps peut donc se structurer selon des différences (des dualités) très fortes, par exemple ici entre le haut et le bas du corps, et une certaine loi de phénomènes et identifications (au sein de nos interdépendances) peut se traduire, dans le langage du corps, en des problèmes peut-être selon l’angle du regard, ou de la présence.
Pour réflexion, dans les premiers temps du bouddhisme, le bouddha n’est jamais représenté. Ce sont les sculpteurs de tradition gréco-romaine d’Afghanistan (après les conquêtes d’Alexandre le Grand) qui donneront d’abord un corps de pierre au Bouddha, bien des siècles après sa mort.
Dans les textes premiers du bouddhisme, le Bouddha a les traits d’un être d’exception (cheveux et sourcils bleus, bras longs jusqu’aux genoux, nombres de doigts, etc…). En fait, selon les superstitions de l’époque chaque signe est exagéré très fortement (trait de la culture ancienne indienne) et l’ensemble est décrit comme un être d’une grande beauté alors que selon tous les détails précis du corps, l’on aurait peut-être à faire avec un monstre, une énorme malformation.
L’avantage est de ne pas donner au corps l’occasion de se refléter, de se transcrire (de s’incarner – comme un ongle), et dans la philosophie correspondante à un principe de thérapie naturelle manipulatrice, de ne pas faire parler le corps ou de ne pas le laisser parler selon des répliques écourtées, qui arrêtent ou déforment le mouvement de vie. Souvent notre inertie, ou l’inertie d’un « patient », désenchaînent les choses dans un ordre de chaînes, de chaînes données, de chaînes antérieures.