2011
09.13

Ermitage à Soi

Depuis une dizaine d’années, l’auteur du présent blog, protégé par un statut de santé (handicap), a pu se consacrer à un projet culturel et thérapeutique de pratique des savoirs d’Extrême-Orient (martiaux, énergétiques et spirituels) dans un voyage humaniste (et mondial) sans aucune expatriation, un voyage sans partir (…), faisant de l’intégration de son propre territoire, mer et montagnes du Pays Basque français, une suffisante bascule et disposition.

Ainsi pendant une dizaine d’années, l’auteur de ce blog a résidé une dizaine de jours (pratiquement) mensuellement en territoire de montagne, aux limites les plus pyrénéennes du Pays Basque (village de Tardets), aire dont il est originaire, pour alors retrouver ses cadres familiaux et médicaux actuels sur la Côte Basque le reste du temps.

 

 

Or depuis un peu plus d’une année, il semble que cette façon de s’organiser soit dépassée par le cours de la vie qui lui aussi change, notamment en dix ans et selon des conditions (directes et indirectes) qui ne sont souvent pas à la mesure d’un seul individu, même de vraie adresse culturelle.

Ainsi depuis quelques années, la tenue (et la progression) de nos activités, relatées tout au long sur internet autour du concept dit zendoken, nous a amené à nous distinguer des rythmes et branle-bas de la vie quotidienne habituelle, et nos horaires de veille et d’oeuvre sont tant diurnes que nocturnes – 10 h du matin à 2 h du matin en gros – et nous y gagnons une fatigue reportée. D’autant, l’arrêt de toute substance toxique de loisir, tant le tabac que l’alcool parfois, nous a rendu aussi beaucoup plus sensible à l’alimentation, et tant notre sommeil que notre façon de nous nourrir demandent désormais de véritables cures d’autonomie et de correction.

La discipline du bouddhisme Zen est particulièrement bien adaptée pour recadrer un rythme de vie, même si l’épreuve peut être éprouvante, et l’exemple de notre maître de Zen, Jiun Eric Rommeluère, reconnu au plus haut niveau et s’étant reclus dans un modeste « ermitage » (un petit appartement en Province) en adhérant à un rythme de vie et de pratique discipliné, dans une solitude qu’il accepte parfois de partager avec qui sait s’annoncer, est là pour nous inciter à corriger nos contours trop douloureux ou négligés.

Notre logement personnel, jusqu’ici dans notre village d’origine de Tardets, devra être envisagé comme un lieu d’ermitage épisodique, même si nous devons changer de perspective, trouver une autre domiciliation, dans nos Pyrénées basquaises, ou ailleurs, et ce en alternance avec nos retours réguliers sur la Côte Basque.

(1) une session de Zen tôt le matin, une autre en début de soirée (2) nos pratiques chinoises de gymniques du corps dans la journée (3) l’étude des ouvrages et des cours que nous suivons sur ces sujets (4) l’entretien de notre récit d’activité sur le web – seraient les termes d’un ermitage contemporain.

A l’heure où certains vont d’un bout à l’autre du monde comme on change de pièces dans une demeure, où comme l’on allait puiser l’eau il y a cent ans, une puissante réserve nous parait vraie augure de la puissance, et de la réserve.

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