08.11
Une autre façon encore de concevoir l’oeuvre du Zen serait celle du trait et des cercles.
De façon très conventionnelle (jusque dans la calligraphie) l’on a coutume de dire je crois que le Japon s’ordonne selon des traits droits et des angles recteurs, alors que la Chine se figure dans le devenir des cercles.
Il semble effectivement avéré que les pratiques (chinoises) issues du taoïsme notamment sont constituantes dans l’art des circularités alors que la pratique du Zen (dans la rigueur des procédures) s’affirme comme cadre et encadrement – à travers des gestes tracés et droits. Certes le Zen (Ch’an) est un savoir fortement chinois avant d’être japonais.
Dans les arts martiaux, et notamment le Tai Chi Chuan, l’on a coutume de dire je crois que la force est acquise par le trait droit dans la circularité, par la circularité dans le trait droit. La force conséquente y est souvent (1) tangente (angle de percée) et (2) spirale (onde de choc).
Dans la pratique spirituelle du bouddhisme Zen,
finalement de la même façon que les sessions de pratique seraient un ordre de ponctuations (retenue et silence) dans l’exubérance des devenirs de l’existence (notre article à ce sujet),
la pratique comme culte semble comprendre et contenir les fresques (et aléas) de l’aventure vitale dans des angles droits, des traits droits, d’où surgit la notion de souffle de vie que le bouddhisme Zen, comme expérience religieuse, porte au terme moyen (qui donc moyenne).
Aussitôt déclamé, aussitôt interposé, un argument Zen est recouvert de la puissance en retour selon laquelle la réalité est vacuité, et un détail ne peut prétendre devenir seuil, sauf à y céder.