2011
08.09

Dans le Traité Wu des Classiques du Tai Chi Chuan, il est dit – traduction anglaise – « to withdraw is then to release, to release is then to withdraw » que l’on peut traduire en français par « s’effacer – se retirer est alors lâcher (la force), lâcher (la force) est alors s’effacer – se retirer » .

Ceci est un principe fort du Tai Chi Chuan, jeu des contraires complémentaires, ici le vide et le plein. L’on peut aussi y comprendre que la faiblesse – la fuite – l’effroi s’y font force – front – audace.

Dans la pratique, lente ou posturale, en laquelle l’esprit garde un regard sur l’ensemble du geste et du corps (le déformant quelque peu ainsi), il s’agit de comprendre que le corps habité par la vigilance perd son axe de gravité (de pesanteur) qui est de l’ordre de l’inerte, de l’inconscient.

Il perd sa nature abandonnée (naturelle) pour devenir travail (pratique) par l’oeil interne de l’attention, mais ainsi l’alignement y est d’autant dévié, trituré.

Pour retrouver l’alignement (tête dans l’axe des épaules dans l’axe de la ceinture dans la tenue des genoux dans l’accueil du sol), l’on doit comprendre que notre effort de pratique remarque et marque la présence – aux bornes de l’excès (objet du contrôle d’esprit).

Que donc, même dans une pratique posturale, il s’agit de produire la considération inverse à l’affirmation interne de présence, par l’effacement, le retrait, le corps s’abstrayant physiquement de son lieu de force et de tension.

La force y revient d’autant plus sûrement et subtilement.

Il s’agira alors de retrouver ce lieu à l’effacement, à l’abstrait, comme les marées à la mer, jusqu’à ce qu’il devienne, un jour peut-être, un trait de l’esprit…

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