08.03
Solitude Une | 02 août 2011
Un art martial, tout autant dit d’énergie interne, est une attitude distincte, qui fait face. A cet égard, elle suppose une stature et une marge de solitude. La méditation suppose le retrait, la ligne de fuite, le point de fuite même qui sera le lieu du soupir et plus encore du souffle. Se retirer, trouver le lieu et l’angle d’un salut, suppose l’appréciation solitaire, une résolution seule.
Et pourtant les arts martiaux se pratiquent dans des cercles collectifs, afin de s’exercer. Et pourtant la méditation, le recueillement, se pratique aussi dans des cercles collectifs, afin de transcender dans une essence partagée les délimitations de l’être individuel, de son objet.
Certaines personnes sont prédisposées à l’agissement solitaire, préféreront un sport individuel par exemple. D’autres révèlent leur individualité à travers un groupe ou des groupes, trouvant et créant des marges de liberté en leur sein.
Probablement, il y a une loi de polarité, parfois insondable, dans cette ambivalence.
La sociologie de ces dernières trente années montrait comment l’individuation forcée (l’obligation de se contenter de sa réalité individuelle) rendait le rapport social insupportable, alors qu’une relation sociale prononcée amènerait à la tolérance des différents types de manifestations et même du chaos.
L’on peut croire que c’est une forte interdépendance sociale consacrée qui amène le choix équilibré de la solitude. D’une façon modeste, la dépendance à des entités collectives entrainera l’option d’activités partiellement solitaires. A l’inverse, la solitude forcée, l’absence de communication ou d’humanité, trouvera bénéfice en des choix de partage et de groupe.
Un être individuel abondant portera à solder ses qualités et ses excès dans des groupes. Un être individuel questionné mènera à tenter de rencontrer la figure (l’objet) de son être solitaire.
Pourtant une relation saine dans cette dichotomie, quelle que soit la tendance qui nous façonne, se trouve dans le point d’inflexion où l’une des réalités verse dans l’autre.
Habiter une attitude solitaire sera le biais d’un lien social ouvert, et au rythme choisi. Investir l’intensité et la pluralité de relations collectives servira à façonner la singularité d’une identité, en laquelle se réfléchiront les désirs et souhaits de solitude.
Le Zen Do Ken est un choix (à temps partiel certes) de solitude. La transmission du Zen Do Ken est aussi une considération spécifique, qui isole des interlocuteurs solitaires ou en moindre nombre chaque fois. Ce choix ne permet que peu de rencontres, peu d’ouvertures.
La plupart échouées sur la difficulté de joindre un rythme scindé des phases et communications qui structurent l’échange (et le devoir) social. L’on bat le plus souvent le rythme dans les rythmes acquis. L’insolite d’une musique, d’une fréquence propre, cesse dans la cadence.
Pour au delà du Zen Do Ken, la réforme de son auteur, dépassant son propre cadre arrêté, est aussi un choix très individuel, à travers des formations on-line (Tai Chi Chuan, Thérapies Naturelles, Bouddhisme Zen), en lesquelles et la distance (les langues étrangères) et le support-média supposent un choix très individuel et sans impératif de préséance de rythmes (l’on peut aussi étudier la nuit).
Pourtant vocation culturelle et vocation humaniste (souhait et aide de vie), si l’on ne veut pas céder sa partition au grand orchestre officiel, il y a un rythme acquis, telle une respiration : (1) sur les forces que l’on peut se permettre d’abord (2) sur l’ « écoute » des autres personnes et lieux ensuite.
Et dans cette « écoute », dans cette échange à l’abord, est le passage du témoin qui rejoint tout autre type de communications, même les plus régies, et qui fait véritablement de nous un arbre de vie.