08.03
Rester Là Même | 03 juin 2011
« La Voie est fondamentalement parfaite. Elle pénètre tout. Comment pourrait-elle dépendre de la pratique et de la réalisation ? Le véhicule de Dharma est libre et dégagé de toute entrave. En quoi l’effort concentré de l’homme est-il nécessaire ? En vérité, le Grand Corps est bien au delà de la poussière du monde. qui pourrait croire qu’il existe un moyen de l’épousseter ? Il n’est jamais distinct de quiconque, toujours exactement là où l’on est. A quoi bon aller ici ou là pour pratiquer ?
Cependant, s’il y a un fossé, si étroit soit-il, la Voie reste aussi éloignée que le ciel de la terre. Si l’on manifeste la moindre préférence ou la moindre antipathie, l’esprit se perd dans la confusion.
(…)
Bien que l’on dise qu’il y a autant d’âmes que d’hommes, tous négocient la Voie de la même manière, en pratiquant zazen (méditation assise – ndlr). Pourquoi abandonner le siège qui vous est réservé à la maison pour errer sur les terres poussièreuses d’autres royaumes ? un seul faux pas, et vous vous écartez de la voie tracée toute droite devant vous.
Vous avez eu la chance unique de prendre forme humaine. Ne perdez pas votre temps. Vous apportez votre contribution à l’oeuvre essentielle de la voie du Bouddha. Qui prendrait un plaisir vain à la flamme jaillie du silex ? Forme et substance sont comme la rosée sur l’herbe, la destinée semblable à un éclair – évanouie en un instant. »
FUKANZAZENJI de Maître Dogen (traduction Daniel Guetault)
dans LA PRATIQUE DU ZEN de Taisen Deshimaru
Collection Spiritualités Vivantes / Editions Albin Michel