2011
08.03

Récit de Ponctuations | 11 juin 2011

Vraisemblablement, cet aspect de compréhension a déjà été soulevé. Au sujet du bouddhisme (l’être interdit, les silences et retenues) tant qu’à propos du Zen plus particulièrement qui, dès sa forme première chinoise (Ch’an), est une tenue minimaliste et austère dans le champ vaste et riche des bouddhismes de tous temps.

En effet, la rigueur d’attitude, tant du rituel (que nous connaissons très peu) que des pratiques, ne peut ni se comprendre ni se justifier au regard des sens de la vie, des énoncés et démonstrations de l’existence. Certes l’on sait que le bouddhisme réprouve la soif d’existence en ce qu’elle déporte le sujet de l’objet. Mais la raison de la rigueur du Zen ne serait que très malencontreusement une réprobation. Elle résonne dans d’autres dimensions.

De la même façon que la musique peut-être appréhendée par les lois d’harmonie et d’exposés musicaux, auxquels se greffent en marge les principes rythmiques, ou bien tout au contraire, comme un méta-langage rythmique sur lequel se greffent des variations harmoniques, la vie peut être comprise et vécue comme un panache de sens conquérants (la prospection d’un récit), ou le renvoi (d’autant joueur) des ponctuations (des termes) comme le sont les souffles aux gestes et mouvements.

Ainsi le bouddhisme, mais plus précisément encore le Zen, et plus encore le Zen occidental dépris des contextes culturels correspondants, serait un art des ponctuations. Silences et retenues, êtres interdits et alertes, et leur sérénité peu à peu, seraient le fait de comprendre les récits, les occurrences, les mémoires, comme porteurs de rythmes, et comme renvois de rythmes. La tenue de la méditation serait ainsi, à base des fréquences les plus lentes, l’intégration des facteurs de ponctuation, des facteurs de renvoi, de façon très intime, non pas intelligible, mais vécue, traversée, portée, accomplie.

L’ensemble du monde Zen, la quintessence de sa méthode, serait le récit des ponctuations. Ce genre d’expérience se révèle tout autant dans l’art littéraire, dans la création textuelle, où confronté à l’interrogation d’un avenir radical puisqu’à portée (néant) de l’imaginaire, ce sont les ponctuations, leurs rythmes, qui vont porter les flux mélodiques, les vies sonores (s’honorent), selon lesquelles le sens va traduire les sens, et l’Essence.

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