08.03
Art Martial Interne | 11 juin 2011
Le Zen Do Ken s’est hissé à une forme d’autonomie, en réalité un quart difficile de résistance, lors d’une disjonction dans l’étude sérieuse du Yi Quan, qui a été alors comblée de bouddhisme Zen (assis – en marche très lente – en dévotion). Le Ken (sabre) du Kendo a apporté un temps bref légèreté et résonance.
Le Zen Do Ken est un enjeu aléatoire, aléatoire car l’enjeu est pour bonne part retrouvé à chaque rencontre de pratique au quotidien. Contrefort d’une pratique issue du Yi Quan (figurant masse et résistance avec bon sens), l’aspect bouddhique Zen (se) désolidarise (de) toute prétention d’accumulation de force ou de puissance, pour retrouver la nudité (la vacuité) du sujet et de l’enjeu.
L’épreuve en est d’autant plus relancée chaque fois et effective ainsi, bien qu’argument et intention s’y fassent semblant d’abime (quelque peu abimés donc).
Le Tai Chi Chuan, orthodoxe dans sa rencontre progressive avec l’Occident sur trois générations, est un art taoiste. Principes de souffle et vacuité du Tao (Dao) ont d’autant été ceux du bouddhisme Ch’an (Zen) dans les temps anciens chinois. En tant que pratique moderne, le Tai Chi Chuan semble un taoisme libre, sans l’entrave des clergés, exclusions et conventions.
Cette pratique questionne l’engagement Zen, dans la mesure où la spiritualité du vrai Tai Chi est forte mais ne serait seulement que celle du corps, comme elle est celle de la vie. Le bouddhisme a un corps de savoir (doctrinal et mental), et des choix de non-advenance (pratiques prohibées).
Le Tao (l’école de la Voie de la vie) semble plus ouvert d’emblée, mais en réalité seulement comme une expédition est ouverte à ses débuts, les premiers jours en vallée, avant d’aborder les altitudes de plus en plus étroites, puis les sommets… Et enfin le retour (pour certains le plus difficile)… Toute oeuvre ou prétention d’oeuvre est une montagne…
Maître Ming Shan, qui nous a transmis les éléments d’art martial interne qui nous ont fondés ces dernières années, est un maître de Yi Quan qui est allé à la rencontre des boxes annexes du Yi Quan (qui est une conséquence).
Il enseigne ainsi le Xin Hui Zhang de Zhao Dao Xin, l’un des principaux représentants du Yi Quan au XXème siècle qui a voulu transmettre son propre chemin (Xing Yi Ba Gua). Il enseigne aussi le Liu He Ba Fa, une boxe interne encore appelée Tai Chi de l’Eau. Il enseigne désormais le Xin Yi Liu He Quan, une boxe interne de combat transmise chez les musulmans chinois.
Nous souhaiterions entretenir le travail accompli avec maître Ming, et pour entretenir la pratique, il faut continuer peu à peu d’apprendre. Maître Ming Shan semble assembler un concept commun à ces boxes internes (qu’il a nommé Nei Quan Shan – boxe interne de la Montagne). Nous pourrions donc peu à peu, sur un temps long, continuer d’entretenir modestement les éléments reçus de ces arts martiaux internes. L’appréciation reste celle de maître Ming Shan, les conditions de sa Voie.