2011
08.31

Intra-Rotations

D’après le cours du Centre de Formation Virtuelle AULA ZOE (Pays Valencien – Espagne).

Lorsque l’on approche la technique cranio-sacrée, ostéopathie de Sutherland, l’on commence par apprendre qu’il y a trois parties dans les méninges qui entourent le canal médullaire du cerveau à la colonne vertébrale (jusqu’au sacrum).

Ces trois parties sont (1) la dure-mère juste sous le crane faite de tissu conjonctif dur et qui couvre le liquide céphalo-rachidien qui circule entre le cerveau et le rachis via le canal médullaire (2) le tissu conjonctif des aracnoïdes, plus interne, est plus souple et vascularisé (3) un tissu conjonctif plus interne encore, la dénommée pie-mère, plus souple encore et lieu en propre de l’irrigation sanguine.

D’une façon moins anatomique et plus physiologique, l’on apprend et expérimente que le LCR (liquide céphalo-rachidien) donne lieu à une phase emplie (flexion) et une phase vidée (extension), et que lors de la flexion le crâne s’élargit légèrement dans la largeur, alors que dans l’extension, il s’allonge dans la longueur.

Le toucher vérifie ces données, la fréquence est plus lente que le rythme sanguin ou que celui de l’oxygénation, puisque là il s’agit de 6 à 12 pulsations par minute, chaque mouvement (flexion ou extension) étant précédé d’un semblant de temps mort.

Mais le plus important est que cette fréquence (pulsation) issue du crâne suit la moelle épinière et le tissu nerveux par la colonne vertébrale (canal médullaire), et qu’elle est manifeste en fréquence lente (d’ordre interne) dans tout endroit du corps (symétrie idéale droite-gauche).

Fait majeur, la pulsation flexion-extension correspond alors à une rotation externe (renvoi de la flexion) et une rotation interne (renvoi de l’extension).

De la même façon que la pression céphalo-rachidienne dans la colonne vertébrale amène une nutation du sacrum (rotation et allongement), dans tout autre endroit du corps la fréquence céphalo-rachidienne ou respiration primaire crânienne entraine une rotation soit interne soit externe – une nutation là aussi, comme les gravitations planétaires.

Le corps se désenchaîne ainsi naturellement là où il se noue, et les traces de problèmes créent des pivots d’énergie ou de (contre-) force plus noués qu’ailleurs et qu’il s’agit de libérer.

Comme souvent, la force est le signe d’un noeud quelconque qui n’est pas sain, et l’on a tout à gagner à essayer de retrouver la souplesse.

Le corps est donc un rythme lent dont les différent lieux à la vie se nouent les uns aux autres selon de légères mais puissantes rotations qui se mobilisent en sens disons alternatif.

2011
08.22

Voie d’Existence

Voie et Ère Moderne

Comme nous le mentionnions dans un précédent article, le Tao chinois (ou le Do japonais), tout comme la notion anglosaxonne de Path que l’on retrouve dans Naturo-Pathie, signifient la Voie, le chemin d’existence dans toutes ses connexions, bien matérielles ou plus immatérielles.

La pratique de l’attention, concentration, ou contentement (nommé Samadhi en sanskrit), comme un lac qui reflète le temps de chaque jour en s’adaptant juste, crée un point central dans l’existence, un axe de fuite ou encore un pivot, selon lesquels la vie se comprend, non d’intellect, mais dans le sens où l’engendrement ou la transformation ne sont pas des termes ultérieurs ou des lieux autres, mais le fruit de longues oeuvres de pratique et d’étude d’inclusions, qui versent donc, selon l’axe vrai de gravité (et d’honnêteté), les pans ou cycles d’existence sur leur lieu propre.

S’opère alors la transformation de l’expérience et de la conception. Ceci est la pratique bouddhique.

Nos temps d’industrie et d’instrumentations ont précisément et furieusement exploré la Voie opposée, celle qui butte sur son présent et, par le truchement d’une matière ou d’un Alter, construit par un acte de rupture sur les contextes génériques, des objets, des réalités, des aménagements, selon lesquels la modernité s’installe en percutant ses antécédences.

Aujourd’hui d’autant, les grandes manoeuvres technologiques étant acquises durant ces deux siècles de développement économique, ce sont les « reprocédements » (même quasi-virtuels) qui créent la seule mobilité dans cette industrie d’existence, le cours des devenirs historiques et naturels spontanés étant très largement cerné sinon décomposé.

L’Histoire et la Nature

A ce sujet, face à la dissection permanente des continuum naturels (et sociaux) par les technologies et comptabilités, la puissance brute et sauvage (sans commune mesure) de la Nature semble devoir obliger l’humain à céder sa maîtrise de l’Histoire, du Devenir.

Si la Nature est la première des conditions d’existence, depuis l’époque des Lumières (et le positivisme), l’Histoire semble avoir été le lieu dominant de la souveraineté humaine.

Les philosophies les plus contemporaines (depuis trente ans) contestèrent l’idée (et l’oeuvre) d’Histoire, constatant la façon dont celle-ci s’avère une résultante par défaut plutôt qu’une conquête (le plus souvent devenant tortionnaire).

L’échec de la prétention historique de l’homme moderne, anticipé dans le monde des idées depuis les années 1980, semble dessiner une réalité depuis les années 2000, où l’antagonisme (de cohérence) semble s’imposer face au simple aménagement humain du monde. En ce début d’années 2010, cela semble être reconnu dans le jeu des communications officielles.

Peut-être alors, face à la barbarie de la révolte du côté le plus brut de la Nature contre notre « Industrie », la Nature elle-même, en terreur ou en foi, prendra une place comparable à celle qu’avait prise la notion d’Histoire dans la Contemporanéité, celle-ci s’étant aussi d’abord imposée dans d’importants bouleversements (colonisations, révolutions, guerres).

La Nature redeviendrait le lieu – le lit – du devenir humain (et sociétal), entraînant peut-être à son tour sublimations, emphases et maîtrises.

Un et Autres Détails

Mais finalement, tout comme l’Histoire (passée d’étendard à monument) se révèle seulement pivot et fuite de la société humaine, la Nature nous donnera ses propres termes lorsque nous admettrons qu’elle n’est pas non plus une catégorie sublime, ni en terreur, ni en enthousiasme.

Alors nous comprendrons que ce que nous constatons et concevons ne sont jamais que des détails, et que nous ne sommes que des angles de détails.

Si tout est détail, que reste t’il de la marchandise, objets fabriqués en milliers d’exemplaires ?

Sans l’exemplaire de nos exemplaires, que sont les vagues de la mer ?

Arrivés là, peut-être à bout d’humanité, l’ensemble (Nature et Histoire) nous acceptera peut-être. Et nous serions heureux. C’est une vision d’un pratiquant bouddhique Zen.

2011
08.15

Soin du Toucher

D’après le cours du Centre de Formation Virtuelle AULA ZOE (Pays Valencien – Espagne).

Dans la palpation avec les mains et doigts sur le corps (ou la tête), l’on apprend que la pression exercée par les doigts selon l’intensité et la légèreté, fait appel selon le poids du toucher à différents propriocepteurs, véhicules de perceptions sensorielles dans tout le corps, mais de façon beaucoup plus affinée dans les mains et surtout sur les doigts.

Les sens de palpation des mains sont ainsi directement transmis au cerveau, sans passer par les instances du langage et de la pensée, et donc un toucher léger évoquera dans la méditation spontanée de l’esprit des figures qui ne répondent pas à nos cohérences délibérées.

Bien au contraire, le cadre rigide et retenu d’une psyché entravera la réception des signaux sensitifs au niveau de la palpation.

Il en résulte que selon le toucher, l’évocation (adjacente) au niveau de la perception pourra « subvertir » nos circuits rationnels, simulant vision, audition, odeur, imaginaire.

Car le trajet des doigts au cerveau est comblé par nos langages de pensée (et de sens) d’une façon indirecte ou encore secondaire (qui seconde).

Lorsque l’on entreprend d’apprendre la thérapie cranio-sacrée, cette spécialité de l’ostéopathie, l’on nous demande de seulement considérer le toucher non invasif et intrusif par fine pression.

Ainsi le toucher doit être minime, car notamment, l’écoute et le suivi du rythme céphalo-rachidien (autour de la tête, sur la colonne vertébrale, ou tout le corps), suppose de rejoindre une pulsation plus lente et effacée que les deux cadences habituelles, circulation et respiration.

Comme dans l’ordre des fréquences sonores ou musicales, une fois rejoint ce rythme de basse (céphalo-rachidien) sur lequel le cortex cérébral (notre volonté) ne peut intervenir, le toucher le plus léger résonne avec des échos profonds dans le corps.

Notre contrôle mental (cortex) cherchera à interposer les rythmes respiratoires ou vasculaires qu’il s’agit d’accepter, et laisser passer.

En tant que fréquence fondatrice (depuis l’existence de l’embryon), le rythme céphalo-rachidien se rétablit chaque fois dans la structure globale donnée (notre corps, notre existence), avec beaucoup d’exactitude.

Le toucher peut être un soin procuré à un autre, une écoute de son propre organisme, ou une pratique sur des objets (des plantes, etc…).

Dans les arts martiaux internes notamment, on travaille dans la nature dans les bois, avec arbres et branches, selon donc des morphologies chaque fois originales, des intentions rendues uniques, et le choix propriocepteur s’avère très juste et nutritif pour notre corps.

2011
08.11

Trait et Cercles

Une autre façon encore de concevoir l’oeuvre du Zen serait celle du trait et des cercles.

De façon très conventionnelle (jusque dans la calligraphie) l’on a coutume de dire je crois que le Japon s’ordonne selon des traits droits et des angles recteurs, alors que la Chine se figure dans le devenir des cercles.

Il semble effectivement avéré que les pratiques (chinoises) issues du taoïsme notamment sont constituantes dans l’art des circularités alors que la pratique du Zen (dans la rigueur des procédures) s’affirme comme cadre et encadrement – à travers des gestes tracés et droits. Certes le Zen (Ch’an) est un savoir fortement chinois avant d’être japonais.

Dans les arts martiaux, et notamment le Tai Chi Chuan, l’on a coutume de dire je crois que la force est acquise par le trait droit dans la circularité, par la circularité dans le trait droit. La force conséquente y est souvent (1) tangente (angle de percée) et (2) spirale (onde de choc).

Dans la pratique spirituelle du bouddhisme Zen,

finalement de la même façon que les sessions de pratique seraient un ordre de ponctuations (retenue et silence) dans l’exubérance des devenirs de l’existence (notre article à ce sujet),

la pratique comme culte semble comprendre et contenir les fresques (et aléas) de l’aventure vitale dans des angles droits, des traits droits, d’où surgit la notion de souffle de vie que le bouddhisme Zen, comme expérience religieuse, porte au terme moyen (qui donc moyenne).

Aussitôt déclamé, aussitôt interposé, un argument Zen est recouvert de la puissance en retour selon laquelle la réalité est vacuité, et un détail ne peut prétendre devenir seuil, sauf à y céder.

2011
08.10

Ne Pas Couvrir

Dans la pratique du bouddhisme Zen, il y a de façon privilégiée un cadre clérical, et notamment funéraire. A de nombreuses époques charnières pourtant, certaines figures remarquées ont rétabli la prépondérance de la méditation (une place comparable à la prière pour d’autres cultes).

Certaines époques ont aussi vu semble t’il une primauté de la référence lettrée, et certains esprits forts du Zen sino-japonais (Maître Dôgen notamment) ont fortement critiqué la tendance des hierarchies cléricales de certains courants à s’abstraire de la méditation pour jouer des seuls considérants spirituels ou plus sérieusement du cadre des lettres (textes) propre au Zen.

D’une façon plus primitive encore, la semence de la graine du Zen (Ch’an) en Chine par le moine indien Bodhidharma refoule le cadre du dire et décrire, pour en sens à rebours (tel un grimpeur sur un versant), réinvestir la puissance du sens dans toute la « matière bouddhique » , d’abord pratique et nature, puis peu à peu en Chine la rencontre des grands textes du bouddhisme.

Aujourd’hui, dans l’étude (de la pratique) du Zen, l’on conseille (selon la tolérance de chacun) de ne pas transcrire la pratique dans les mots, les allusions, ou les interprétations.

Tout simplement parce que l’on retrouve cet habit parfois très lourd sur le cours de la pratique et que le triturer, catalyser, dissoudre prendra peut-être plus de vie qu’un entretien avec la vie elle-même.

L’on peut parler de la montagne, l’on peut montrer la montagne avec foi et force, mais un pas est un pas, et donc plus vrai au coin d’une rue qu’une montagne qui n’est que dite.

Nos pratiques, dans la montagne, avec l’oeil quelque peu de vacuité de l’exercice, nous ont amenés à la réflexion suivante: quand les montagnes ne sont pas là, ne reste qu’à les imaginer, car de toute façon elles sont là – la distance d’altitude n’est pas la distance d’éloignement.

Puis autre éclair de pensée encore, s’étonnerait-on de ne trouver de gens seulement joviaux dans les cercles de montagne ? A cet instant, il faisait beau, quelques brumes nonchalantes.

La montagne sourit candide certains jours, le même jour tout simplement, l’horreur peut arpenter ses versants, de l’antagonisme climatique qui s’y noue, de l’extrême du relief soudain.

S’étonnerait-on de ne trouver de gens seulement joviaux dans les cercles de montagne ? Et pour le Zen, que dirait-on, qu’est ce qu’on dirait ? Ne se fier ni à l’habit ni au moine mais à son axe.