05.18
Le terme simple Pays Basque et Liberté est (et a été) un des contours les plus violents de la vie en Pays Basque, dans la mesure où sa traduction courante (l’une d’elles) est Euskadi Ta Askatasuna qui est (et a été) le nom de l’organisation armée clandestine basque (dite terroriste) E.T.A.
Pourtant il s’agit d’un terme simple, Pays Basque et Liberté.
Souvent la liberté est décrite comme un élément d’ouverture, de relachement, de plaisir possible. Cela est effectivement sa dimension primordiale, celle précisément que l’on oublierait. Pourtant comme toute oeuvre ou travail, la liberté embrasse ou confronte des objets et considérations par rapport auxquels l’entreprise sera plus ou moins tenue ou étroite.
Dans le cas d’une organisation militaire terroriste (dite terroriste), il va de soi que la liberté la plus étroite, la plus guerrière et la plus sauvage (tant en termes de fuite que d’attaque), est revendiquée comme avant-garde de toute forme autre de liberté. Cela est contestable évidemment.
D’autre part, l’expression simple Pays Basque et Liberté, et sa perfide traduction basque, est ici mentionnée pour rappeler que dans ce vis à vis extrême de confrontation guerrière entre les polices et sécurités des Etats, et une organisation terroriste clandestine, c’est sourdement une lutte de position constante qui s’est mise en place durant des décennies, dans la mesure où la trame clandestine et illégale basque et la trame clandestine (au regard du citoyen) et légale policière n’ont cessé de se faire face, de se chevaucher, de s’altérer, et de tenter de se faire céder sur un ou autre lieu ou enjeu.
Les attaques terroristes (et la défense policière pour les militants basquisants) ne venaient que donner à cette guerre de position la virulence qu’elle aurait perdue sinon, au risque de céder du terrain à l’adversaire.
Or vraisemblablement et comme souvent dans des considérations libertaires, ce ne sont pas les forces qui se font face qui ont raison l’une de l’autre, mais le terme tiers. Du jeu de ceci précisément, de la guerre d’influences et dépendances qui obligent au conflit, qui boulent toute alternative dans l’affrontement, vient le côté moralement inhumain d’une guerre minoritaire.
La position potentiellement légitime est la position tiers. Celle qui se distingue avec concrétude de nous et notre propos ici. Celle qui se distingue avec concrétude de nous qui évoquons et de vous qui lisez. Sans que cela ne légitime l’indécision de chacun. La capacité de décision, la netteté des contours, est précisément l’emprise et la résolution.
Pourquoi mentionnons nous cette question dans notre blog ?
Durant deux ou trois ans (durée qui semble avoir été celle qui a conclu la lutte armée de l’ETA alors que l’arrêt de celle-ci était un enjeu actif de la société civile ces dix dernières années) nous avons sans cesse lié le projet Zen Do Ken, dans une qualité et mystique culturelle, avec l’identité basque et la sortie hors des trames terroristes ou policières.
Puis l’ETA a annoncé au long d’une année et suite à des années sans direction claire la fin définitive de la lutte armée, et nous n’avons plus fait mention de notre filiation basque.
Le Zen Do Ken est aussi un moment de notre intelligence basque, en quoi un motif culturel peut transcender en conscience les trames y compris sourdes qui façonnent nos enjeux courants. Il va de soi que l’on n’y gagne rien, outre les tables sur leurs pieds, les arbres droits et dressés, le ciel en son lieu.
Nous pensons que comme les Alpes (au coeur du massif plus inaccessibles) ont autorisé des nations et nationalités distinctes (certaines pour des motifs franchement antifascistes) comme la Suisse, l’Autriche, la Slovénie, les Pyrénées pourraient aussi voir se dessiner des territoires souverains intermédiaires, tel le Pays Basque, ou encore la Catalogne, pourquoi pas un territoire Occitan. Cela serait une richesse culturelle et ethnique qui rencontrerait les territoires géographiques, historiques et naturels, de ces régions originales.
Pays Basque et Liberté… Est-ce la liberté d’être français en Pays Basque, d’être espagnol en Pays Basque ? Oui. La culture française et ibérique sont toutes deux porteuses de haute valeur culturelle, et elles pourraient être à même dans une souveraineté basque, tout comme la Suisse et ses cantons ont trois dominantes territoriales, de langue germanique, de langue française, de langue romane.
Le Pays Basque (et ses cantons) pourrait se structurer avec indépendance sur des liens francophones (côté français) ou hispanophones (côté espagnol). Le côté espagnol lui même a deux territorialités différentes selon l’histoire du XXème siècle, la Communauté Autonome de Navarre, et la Communauté Autonome Basque, et comme les territorialités en Suisse, l’on pourrait s’y adapter.
C’est tout ce que nous voulions dire sur Pays Basque et Liberté, sur Zen Do Ken et Pays Basque.




