2012
05.18

Le terme simple Pays Basque et Liberté est (et a été) un des contours les plus violents de la vie en Pays Basque, dans la mesure où sa traduction courante (l’une d’elles) est Euskadi Ta Askatasuna qui est (et a été) le nom de l’organisation armée clandestine basque (dite terroriste) E.T.A.

Pourtant il s’agit d’un terme simple, Pays Basque et Liberté.

Souvent la liberté est décrite comme un élément d’ouverture, de relachement, de plaisir possible. Cela est effectivement sa dimension primordiale, celle précisément que l’on oublierait. Pourtant comme toute oeuvre ou travail, la liberté embrasse ou confronte des objets et considérations par rapport auxquels l’entreprise sera plus ou moins tenue ou étroite.

Dans le cas d’une organisation militaire terroriste (dite terroriste), il va de soi que la liberté la plus étroite, la plus guerrière et la plus sauvage (tant en termes de fuite que d’attaque), est revendiquée comme avant-garde de toute forme autre de liberté. Cela est contestable évidemment.

D’autre part, l’expression simple Pays Basque et Liberté, et sa perfide traduction basque, est ici mentionnée pour rappeler que dans ce vis à vis extrême de confrontation guerrière entre les polices et sécurités des Etats, et une organisation terroriste clandestine, c’est sourdement une lutte de position constante qui s’est mise en place durant des décennies, dans la mesure où la trame clandestine et illégale basque et la trame clandestine (au regard du citoyen) et légale policière n’ont cessé de se faire face, de se chevaucher, de s’altérer, et de tenter de se faire céder sur un ou autre lieu ou enjeu.

Les attaques terroristes (et la défense policière pour les militants basquisants) ne venaient que donner à cette guerre de position la virulence qu’elle aurait perdue sinon, au risque de céder du terrain à l’adversaire.

Or vraisemblablement et comme souvent dans des considérations libertaires, ce ne sont pas les forces qui se font face qui ont raison l’une de l’autre, mais le terme tiers. Du jeu de ceci précisément, de la guerre d’influences et dépendances qui obligent au conflit, qui boulent toute alternative dans l’affrontement, vient le côté moralement inhumain d’une guerre minoritaire.

La position potentiellement légitime est la position tiers. Celle qui se distingue avec concrétude de nous et notre propos ici. Celle qui se distingue avec concrétude de nous qui évoquons et de vous qui lisez. Sans que cela ne légitime l’indécision de chacun. La capacité de décision, la netteté des contours, est précisément l’emprise et la résolution.

Pourquoi mentionnons nous cette question dans notre blog ?

Durant deux ou trois ans (durée qui semble avoir été celle qui a conclu la lutte armée de l’ETA alors que l’arrêt de celle-ci était un enjeu actif de la société civile ces dix dernières années) nous avons sans cesse lié le projet Zen Do Ken, dans une qualité et mystique culturelle, avec l’identité basque et la sortie hors des trames terroristes ou policières.

Puis l’ETA a annoncé au long d’une année et suite à des années sans direction claire la fin définitive de la lutte armée, et nous n’avons plus fait mention de notre filiation basque.

Le Zen Do Ken est aussi un moment de notre intelligence basque, en quoi un motif culturel peut transcender en conscience les trames y compris sourdes qui façonnent nos enjeux courants. Il va de soi que l’on n’y gagne rien, outre les tables sur leurs pieds, les arbres droits et dressés, le ciel en son lieu.

Nous pensons que comme les Alpes (au coeur du massif plus inaccessibles) ont autorisé des nations et nationalités distinctes (certaines pour des motifs franchement antifascistes) comme la Suisse, l’Autriche, la Slovénie, les Pyrénées pourraient aussi voir se dessiner des territoires souverains intermédiaires, tel le Pays Basque, ou encore la Catalogne, pourquoi pas un territoire Occitan. Cela serait une richesse culturelle et ethnique qui rencontrerait les territoires géographiques, historiques et naturels, de ces régions originales.

Pays Basque et Liberté… Est-ce la liberté d’être français en Pays Basque, d’être espagnol en Pays Basque ? Oui. La culture française et ibérique sont toutes deux porteuses de haute valeur culturelle, et elles pourraient être à même dans une souveraineté basque, tout comme la Suisse et ses cantons ont trois dominantes territoriales, de langue germanique, de langue française, de langue romane.

Le Pays Basque (et ses cantons) pourrait se structurer avec indépendance sur des liens francophones (côté français) ou hispanophones (côté espagnol). Le côté espagnol lui même a deux territorialités différentes selon l’histoire du XXème siècle, la Communauté Autonome de Navarre, et la Communauté Autonome Basque, et comme les territorialités en Suisse, l’on pourrait s’y adapter.

C’est tout ce que nous voulions dire sur Pays Basque et Liberté, sur Zen Do Ken et Pays Basque.

2012
05.18

Yi Quan Japonais

Kenichi Sawaï - fondateur Taï Ki Ken

 

Nous avions lancé ce blog, au nom évocateur – La Traversée du Zen Do Ken – alors que nous terminions une formation intensive (par la pratique quotidienne) au Yi Quan (I-Chuan) avec Maître Ming Shan, l’un des principaux enseignants en France.

Cela faisait environ sept années que nous tentions de mener cette formation, et entre la première période de tentative et la seconde de conclusion, ce sont à peu près cinq années de pratique quotidienne (entre 1 h 30 et 4 h par jour) qui ont été investies.

Nous avons alors fait le choix de laisser reposer cet enseignement, et face à l’intensité de l’objectif que nous y avions placé et qui nous mutilait désormais, nous avons souhaité laissé se détendre et reposer (s’effacer d’autant) ce lien qui nous liait à notre détermination, et par cohérence et intérêt alors, à Maître Ming Shan.

Nous avons ainsi vécu cette transition (cette dernière année) en suivant un cours didactique (on-line) de Tai Chi Chuan, afin de céder notre trop tendue autodiscipline, et rejoindre, par le biais du Tai Chi Chuan, une pratique plus commune et moderne, et plus souple dans son propos.

Cela s’est très bien passé. Néanmoins nous avons pensé que disparaitre à la pratique du Yi Quan, qui suppose des entrainements spécifiques, et alors que nous avions soutenu cet objectif si assidument des années, n’était pas une bonne chose. Nous nous sommes dit que nous devrions continuer de nous perfectionner sur ce terrain, en ouvrant le jeu vers des cours différents peut-être.

Lors de la transition entre notre première tentative de nous former au Yi Quan (2004-2006) et sa conclusion (2009-2011), nous nous sommes trouvés d’emblée confrontés à une contrepartie culturelle japonaise. Ainsi dès fin 2006 et jusqu’en 2008, notre activité principale a été de nous former au Zen Soto et en complément de rencontrer la discipline du Kendo.

Or il existe une discipline japonaise du Yi Quan depuis les années 50, et d’une certaine façon, c’est dans ce carré classique de la culture japonaise (Zen et Ken Do notamment) que le Yi Quan de Kenichi Sawai (acquis auprès du fondateur chinois Wang Xiang Zhai pendant l’occupation japonaise de la Chine) s’est lové au Japon. Le Yi Quan japonais se nomme (de son nom abrégé) Taï Ki Ken.

Lors de notre mouvement propre d’étude du Yi Quan nous avons donc créé un concept et un cadre de pratique que nous avons dénommé Zen Do Ken (Ken signifie ou sabre ou poing-boxe), puisque nous étions entre Yi Quan, Zen, et Kendo. Or c’est précisément de cela que traite le Taï Ki Ken. Cette fois non plus dans un modèle expérimental, mais dans un cadre formel et rodé.

Nous avons donc décidé d’accomplir une formation personnelle au Taï Ki Ken avec son représentant en France (Jean-Luc Lesueur) qui a accédé à notre souhait. Tout est donc paré, c’est autour du 14 juillet dans une petite ville près de Paris que nous commencerons cette étude qui devrait durer deux ans, le temps de quatre séjours en Ile de France.

2012
05.17

Symbole du Tai Chi

 

Nous avons entrepris en mars 2011 d’étudier le Tai Chi Chuan, à distance avec un cours on-line anglais, car nous avons été séduit par la méthode envisagée, et car nous avons des années de pratique d’arts martiaux et certaines en club, et qu’il nous parait que la constance et l’assiduité d’un travail individuel meme solitaire est le plus important.

Le cours de Tai Chi Chuan que nous avons suivi un an et en lequel nous poursuivons cette année à venir est le fruit d’un travail on-line dans la lignée du Tai Chi Chuan de feu Huang Sheng Shyan, ancien grand maître chinois en Malaisie.

Ce qui nous a séduit dans ce cours sont les éléments simples et très rigoureux de méthode (l’apport de Patrick Kelly, héritier de Huang Sheng Shyan) et l’effet immédiat de souplesse ou élasticité (Jing en chinois) qui est à l’origine de cette lignée (Huang Sheng Shyan).

Notre professeur anglais (en partie nigérian), Boz Odusanya, a quant à lui allié une pratique assidue et talentueuse (il est l’un des professeurs officiels de Patrick Kelly en Europe) avec un travail spécifique sur les médias de communication virtuelle. La qualité des spots de formation, tant vidéos que littéraires, est indéniable pour sa valeur didactique.

Nous avons dans cette année assidue étudié et acquis la formule Qi Gong de formation au Tai Chi Chuan, que Boz Odusanya a nommé Go Chi-i. Des mois de travail nous ont permis d’intégrer et les principes et les contenus de cette pratique. Nous avons aussi déchiffré et vérifié deux des trois sets de la forme courte du Tai Chi Yang, telle qu’elle a été transmise de Cheng Man Ching à Huang Sheng Shyan à Taiwan. Nous pensons pouvoir envisager la globalité de cette forme courte à l’automne 2012.

Le site de formation on-line est relativement nouveau et nous sommes un étudiant pilote. Les matériaux de formation viennent donc se compléter aussi au fur et à mesure de notre progression dans l’intérêt et l’étude. Des rencontres virtuelles régulières (mensuelles désormais) via Skype nous permettent d’adhérer à cet enseignement et considérer notre enseignant.

Nous abordons le Tai Chi Chuan après de nombreuses années d’études des arts martiaux (Wing Tsun, Yi Quan) et le Tai Chi Chuan assouplit notre approche et la façon de nous lier à la pratique. Encore une fois, c’est Jing en chinois, la souplesse et l’élasticité, qui doit y demeurer le véhicule central.

La puissance de l’amplitude acquise peut donner une certaine force, et cette force accrue donne de la raideur. Il s’agit donc de retrouver les proportions mineures, moindres et excentrées, selon lesquelles la pratique soulève et investit de véritables enjeux de vie et vitalité. Et ce n’est pas facile, le Soi se met, lui d’autant, au centre de l’expérience.

2012
05.17

Porter des Soins

 

D’après le Cours de Biodynamique Cranio-Sacrée (série de DVD) du Lyons Institute – Virginie (USA)

Nous avons commencé ce blog à l’été 2011 (les premiers articles datent du printemps) alors que nous effacions notre projet en dur – une pratique formelle que nous avions nommée Zen Do Ken – devant l’étude de trois disciplines de souplesse, le Bouddhisme Zen, les Bio-Thérapeutiques, et le Tai Chi Chuan.

En ce qui concerne les bio-thérapeutiques (dénomination moderne mais qui couvre l’évolution des médecines naturelles), nous avions commencé avec un cours de naturopathie holistique dont nous suivions le premier volet.

Ce cours, sous forme de documents originaux, reste potentiellement utile, dans la mesure où il traite des fonctions organiques, de l’anatomie, de la physiologie – en rapport à la philosophie primordiale et énergétique de la naturopathie et disciplines proches, car ces disciplines sont structurées selon des principes de savoir communs et en évolution cohérente depuis des décennies.

Puis, non-disponible pour réellement consacrer la quantité de travail nécessaire à cette formation (qui se révèle une activité principale et non secondaire), nous avons rencontré le Centre de formation virtuelle Aula Zoe en Espagne et en espagnol. Dans le cadre de l’offre de ce cours, nous nous sommes familiarisés avec la Thérapie Cranio-Sacrée (une autonomie à l’égard de l’ostéopathie cranienne) puis la Thérapie de la Polarité et des Principes de Base de Shiatsu. Ce détour par des disciplines de toucher selon les principes thérapeutiques (théoriques et pratiques) des médecines naturelles nous a beaucoup aidé.

Puis enfin, nous acquérons des formules de formations en anglais depuis les Etats-Unis dans ces mêmes disciplines, et notamment un programme de formation à moyen et long terme avec le Lyons Institute en Virginie. Le cours nous a couté presque un tiers de son prix en taxes et frais de douanes, ce qui est normal pour toute marchandise en provenance des Etats-Unis. En contrepartie de ce désagrément pour autant, le formateur – un doyen actuel de la Thérapie Cranio-Sacrée aux USA – assure un suivi permanent de la formation ainsi que de l’installation conséquente comme praticien.

Là aussi, les mêmes principes et articulations se retrouvent de la naturopathie holistique (avec toutes ses adjacences) aux thérapies naturelles du toucher. Les mêmes concepts clés de densité, de fluides, de résonances, de marées, se retrouvent dans une intervention de soin.

La mise en ordre selon des fréquences d’amplitude (qui d’ailleurs dépassent l’appropriation par les personnes, patients ou thérapeutes) qui répondent à une résonance intime et cosmique, une réplique (de soi pour soi), est le véhicule de la santé.

Dans la Biodynamique Cranio-Sacrée, l’on s’inspire des savoirs orientaux et notamment du bienfait des attitudes d’immobilité et d’attention (d’écoute ainsi) afin de chevaucher (et susciter) des flux autonomes de cohérence dans le système de santé des personnes.

Contrairement à la Thérapie Cranio-Sacrée alors dénommée mécanique (ou une autre variante dite fonctionnelle), l’on n’identifie pas seulement la respiration primaire cranienne correspondant aux fluctuations du liquide céphalo-rachidien dans le cerveau et la moelle épinière (méninges) mais deux autres mouvements dits de marées (il y en a donc trois) qui ont des amplitudes plus fortes et plus lentes.

L’une des idées clés de la Thérapie Cranio Sacrée dans son ensemble est que l’os sphénoïde qui est aux avants de l’oreille (et vers l’espace interne de la tête) fonctionne selon un mouvement de bascule (de fréquence) avec le reste du crane (qui reporte cette bascule à de nombreux endroits pour fluctuer en équilibre) comme si l’humain qui est un mammifère avait dans sa structure physiologique la trace des êtres poissons qui respirent par leurs bronchies.

Ainsi, comme des bronchies sur la tête d’un poisson, le crane porte la trace d’une respiration fondamentale, immémoriale, qui chevauche des fréquences et des amplitudes voilées de puissance qui sont des principes d’ordre dans tous les aspects possibles de la vie.

L’ostéopathie et ses fondateurs sont très proches de la mystique chrétienne, très croyants et pratiquants. La biodynamique cranio-sacrée, par l’importance de l’écoute (immobilité quiète et attention), se rapproche des philosophies orientales et notamment du bouddhisme.

2012
05.17

Se Vouloir Zen

 

Pratiquer le Zen, les premières années semble t’il, est un engagement. Tel le fil et l’aiguille, la pratique chaque jour coud un ordre des choses qui ne dépendrait pas seulement de nous et l’objet de nos volontés, mais tout autant d’au moins un terme tiers, le terme de l’ailleurs, et autrement d’autant.

Lorsque l’on est dans un engagement individuel, personnel et personnalisé, l’enjeu même silencieux pourrait être assez épopeien. L’on nourrit dans son intimité, chaque fois revenant à la simplicité et peut-être au rien, une longue marche ou démarche vers un horizon que l’on voit avec grandeur. Souvent dans les textes anciens du Zen, méditer immobile est comparé au fait de marcher, pérégriner, randonner, de longues heures et quels que soient les paysages ou le temps du jour.

Et puis, fort d’une certaine force, d’un certain trajet accomplis, l’on destinerait sa pratique à d’autres, à un contexte, à une société, à des reconnaissances. Subtilement peut-être, l’enjeu change. Porter les mesures ou démesures n’est plus une aventure à la fois intime, réservée, et gigantesque. Nous répondons à des tempos, des standards, d’échanges et de rythmes sociaux.

Il reste une démesure, même assez ahurissante, qui est celle de « la réalité déplacée » que suppose en réalité la pratique du Zen dans les efficiences et fonctions de la vie responsable, et qui pourtant s’y trouve alors en proue et d’une rigueur exemplaire. Pratiquer le Zen ne sert à rien, à « moins que rien », et pourtant est l’enjeu d’une tenue sociale très rigoureuse voire exigente.

Dans certaines philosophies ou savoirs, on sait que les contraires s’appellent et se trouvent, par la loi de l’équilibre. Si le bouddhisme Zen n’est pas utilitaire, il trouve sa propre vertu dans d’autant plus de formalisme. Pris dans les dialogues et dialectiques du quotidien, répondant à des lieux et des personnes en toute régularité, que reste t’il de l’aventure intime de la personne, de la démesure de sa vocation ?

Rien, peut-être « moins que rien », et pour contraire ou partenaire alors, un angle d’existence subtile ? Dans les rouages chaque fois plus questionnés et rétablis des horlogeries du devenir social, une infime plainte, un minuscule espoir… Bien sûr, moi émoi, nous aimant un peu, j’exagère.