D’après le cours du Centre de Formation Virtuelle AULA ZOE (Pays Valencien – Espagne).
Nous étudions donc le shiatsu de base, la matrice de ses principes, et un spectre conséquent de protocole d’intervention de soin / bien-être.
Le shiatsu, tout comme les techniques cranio-sacrées (ou encore la thérapie de la polarité), peut être apprécié comme un savoir manuel de bio-énergétique. En un lieu ultérieur, nous tenterons de montrer les interdépendances et complémentarités de ces quelques techniques de soins par le toucher.
Les pratiques de quiétude méditative, d’alignement du corps et de l’esprit, telles qu’un pratiquant assidu les mène chaque jour comme une activité principale, se transcrivent de façon très appropriée dans les soins du toucher.
Il s’agit de trouver le socle physique – le socle de pulsation – de chaque personne ou être considéré (certaines techniques se pratiquent sur les animaux même en milieu rural) afin de l’investir et l’orienter dans une transcription par le toucher.
Le shiatsu a principalement deux grands courants. Le shiatsu d’origine (depuis le début du XXème siècle), qui est une connaissance moderne du Japon qui relève le défi des savoirs occidentaux, a donné naissance à la première école en 1940 fondée par Namikoshi.
Dans cette école, la plus classique, l’on écarte les références aux anciens TEATE (techniques de soins) qui venaient de Chine (médécine traditionnelle chinoise – acupuncture et tuina) pour rencontrer les principes anatomiques et physiologiques occidentaux – notamment la distribution du système nerveux central – tout en gardant les principes du toucher de la digitopuncture.
Masunaga, professeur de psychologie à l’université et élève dix ans de Namikoshi, fondera une importante variante de shiatsu (souvent nommée Zen Shiatsu), en revenant aux principes de la médecine chinoise et de la distribution des méridiens d’acupuncture dans tout le corps, dans leur relation aux organes internes.
En tant que pratique qui investit les courants électromagnétiques subtils et profonds (méridiens d’acupuncture), cette pratique-ci du shiatsu (le Zen Shiatsu donc) a un effet fort sur le système lymphatique et est profondément restructurante.
Traditionnellement, il y a deux modes de techniques dans le shiatsu, la technique Ho qui consiste en transmettre une énergie, et la technique SHA qui consiste en enlever une énergie. Le shiatsu peut ainsi être ou une thérapie ou un soulagement (soin), et la technique SHA est plutôt synonime de thérapeutique. La formation thérapeutique est difficile et longue. Aujourd’hui l’on enseigne surtout le shiatsu de soin (de soulagement), à des fins de bien-être et de reconnexion.
L’application de shiatsu est un bon prolongement d’un travail de méditation, il se fait au sol, sur un futon, matelas fin japonais à même le sol, ou une couverture pliée.
Le thérapeute s’appuie sur ses genoux au sol tant que sur ses mains sur le patient, et procure une pression alors perpendiculaire aux points recherchés, avec le poids de l’ensemble du corps.
La pression se fait avec le pouce ou les pouces juxtaposés (parfois les doigts centraux de la main – parfois les paumes de main) toujours dans cette pression perpendiculaire, d’une bascule légère et sûre du corps.
Les points de digitopression du shiatsu sont basiquement répartis en toute logique géométrique sur les contours du corps (dos, jambes, bras, tête, tronc, abdomen).
Cette logique géométrique – lois de symétrie – rencontre les variantes des circuits énergétiques des méridiens, ou la structure du corps telle que l’Occident l’a établie et notamment les fonctionnements internes qui eux sont aussi une variation sur la symétrie des contours.
Un protocole de shiatsu veut qu’après appréhension de la partie ventrale, on procure les soins toujours du haut du corps vers le bas, d’abord dans le dos du corps, puis on remonte par les flancs du corps, puis on redescend par la partie frontale. C’est l’enracinement dans la propre stature (puis alors dans les situations) que l’on cherche ainsi.
Il s’agit presque de traiter le champ symétrique des points de shiatsu sur le corps comme des touches de programmation – de soulagement et de reprogrammation.
L’on parle pour le shiatsu de « traitement-diagnostic » où l’un est l’autre, adhérant (ici et maintenant) à la conformation (voilée ou pas) du mal. Pourtant l’observation des maux se fait en toute retenue – comme une méditation posée – et le soin lui est conséquent, comme un protocole issu de cette retraite.
Nous étudions. Pour pratiquer bientôt. Dans une relation à la vie où l’échange est en soi signification.